L’histoire du collège

 

 

HISTOIRE DU COLLÈGE ARMÈNIEN  DE SÈVRES

Le Collège Arménien de Sèvres a été établi à Paris en 1846, par la volonté testamentaire d’un riche commerçant arménien, Samuel Moorat, résidant en Inde, dans le comptoir britannique de Madras. La Fondation, qu’il a créée au début du XIXe siècle, avait pour but de permettre aux jeunes Arméniens de condition modeste vivant dans l’Empire ottoman de suivre des études en Europe, et, par leur intermédiaire, de faire connaître la culture française au Moyen-Orient, comme la culture arménienne en France.

La formation culturelle et religieuse de ce Collège, comme l’enseignement de la langue arménienne, a été assurée, jusqu’à sa fermeture en 1989, par la Congrégation des Pères Mekhitaristes de Venise, formée en 1810 en Académie savante par décret de Napoléon.

 

Hôtel de Bourbon-Condé, 12 rue Monsieur, dans le 7ème arrondissement de Paris, où fut établi le premier collège arménien. Vendu en 1880 à la Comtesse de Chambrun, puis en 2008 à l’émir de Bahreïn.

Le lieu choisi par la Fondation pour abriter ce collège était l’Hôtel Bourbon-Condé, situé rue Monsieur, dans le 7ème arrondissement de Paris. Le Collège Arménien fut déclaré d’utilité publique par une ordonnance royale du roi Louis-Philippe datée du 11 juin 1846. Ce Collège fermera ses portes en 1871, suite à la défaite de la France face à la Prusse et aux effets de la Commune de Paris. L’Hôtel Bourbon-Condé sera vendu en 1880 à la comtesse de Chambrun.

Le domaine du Collège Arménien de Sèvres, situé 26, rue Troyon, a été successivement la demeure d’un général de Napoléon, d’une école de jeunes filles, une maison de convalescence de soldats coloniaux, enfin le siège d’un institut industriel, avant d’abriter le Collège Arménien.

Le bâtiment principal a été construit au cours du XVIIIe siècle, dans le style des édifices construits dans les environs du Château de Versailles par la marquise de Pompadour. Dans l’état actuel de nos connaissances, on n’en connaît pas l’architecte, ni la date exacte de construction.

Son premier propriétaire connu est le Baron Louis-Albert-Guislain Bacler d’Albe, cartographe militaire de Napoléon I, et dessinateur de renom. Nommé chef du cabinet géographique de l’empereur, il le suit dans toutes ses campagnes où il semble avoir été associé aux décisions des plus importantes batailles de l’Empire. En remerciement, l’empereur lui décerne le titre de baron en 1810. En 1814, il dirige le Dépôt de la Guerre, service de cartographie des armées – lequel deviendra à la fin du XIXe siècle le Service géographique des armées puis en 1940, l’Institut Géographique National. Après la chute de l’Empire, il se retire à Sèvres dans sa demeure où il se consacre aux arts et réalise de nombreuses gravures de Sèvres et des dessins pour la Manufacture, jusqu’à sa mort le 12 septembre  1824.

Voir Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Albert_Guislain_Bacler_d%27Albe

 

Le site du Collège Arménien dessiné par le Baron Bacler dAlbe au début du XIXe siècle. (On remarquera les différentes hauteurs de la toiture, qui a été surélevée par la suite. Les combles ainsi construits ont abrité les dortoirs du Collège.

Après le décès du Baron Bâcler d’Albe en  1824, le domaine accueille une école secondaire de jeunes filles jusqu’en 1890, avant d’abriter, en 1898, la « Croix verte française », société de secours aux militaires coloniaux fondée en 1888 par René de Cuers, essentiellement destinée à héberger les soldats rapatriés du Tonkin. Rapidement, l’assistance s’est élargie aux rapatriés des autres colonies. En 1901, les secours sont accordés aux veuves et orphelins de coloniaux et aux rapatriés de Chine. La maison de convalescence comptait 120 lits répartis en quatre dortoirs auxquels s’ajoutaient les lavabos, réfectoires, cuisines, vestiaires et infirmerie.

Les Militaires coloniaux en convalescence dans le parc du domaine en 1900. Le cèdre à droite de la photo est toujours en place, ce qui atteste de son âge plus que centenaire.

En 1929 et les années qui précédent, le site devient la propriété de la société anonyme « Institut Scienta pour les Application de la Science à l’Industrie ».

Le 26 décembre 1928, Me Chevallier, notaire à Versailles, enregistre la création d’une société anonyme, la société « Collège Arménien Moorat », au capital de 100 000  francs (de 1928) divisé en 100 actions de 1000 francs. Moins d’un mois après, cette société anonyme acquiert le domaine de Sèvres à l’Institut Scienta  pour y installer le Collège Arménien. Dès lors, le Collège accueillera des élèves de la Diaspora arménienne dispersés aux quatre coins du monde après le Génocide de 1915 perpétré par l’Empire ottoman, conformément à la volonté initiale de son fondateur Samuel Moorat.

Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, le 1er juillet 1949, se crée une association loi 1901 dénommé « Association du Collège Arménien – Fondation Samuel Moorat 1846 » dont l’objet est  « d’instruire et d’éduquer les jeunes Arméniens, de développer les rapports intellectuels entre les Arméniens et la France, de fortifier la culture et l’influence française au Moyen-Orient. » Cette association, présidée par le Commandant Zadig Khanzadian, ingénieur-hydrographe de la Marine Française, est chargé de la direction et de la gestion du Collège.

 

Le Commandant Khanzadian, lors de son entrée à lEcole Navale de Brest.

Né en 1886 à Smyrne, il quitta lEmpire ottoman à la suite des pogroms de 1908,. Devenu ingénieur hydrographe et cartographe, il fit partie de la Délégation arménienne à la Conférence de la Paix de Versailles en 1919 et réalisa à cette occasion de nombreux atlas et cartes à l’appui des revendications arméniennes.

Le 13 juillet 1976, la société anonyme « Collège Arménien Moorat », l’acheteur initial du domaine, transfère sa propriété foncière à l’Association du Collège Arménien-Fondation Samuel Moorat 1846, présidée alors par le Professeur Frédéric-Armand Feydit, auteur de nombreux ouvrages sur la langue arménienne, titulaire de la chaire d’Arménien à l’Ecole des Langues Orientales, où il a succédé à l’ illustre philologue et historien des civilisations Georges Dumézil. (Voir la fiche Wikipedia  du Prof. Feydit : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A9d%C3%A9ric-Armand_Feydit )

 

 Le Professeur Frédéric-Armand Feydit

Ainsi, à la date du 13 juillet 1976, par acte de dévolution, l’Association du Collège Arménien-Fondation Samuel Moorat 1846 devient ainsi propriétaire de plein droit du site du Collège Arménien de Sèvres, et le restera jusqu’à nos jours.

Le 11 mai 1984, les parents des élèves du Collège crée une « Associations des Parents d’Elèves du Collège Arménien Samuel Moorat » dont l’objet est de « regrouper les parents d’élèves du collège arménien Samuel-Moorat ; soutenir, par les moyens appropriés, la direction du collège arménien Samuel-Moorat ; contribuer à la propagation de la culture arménienne. »

En 1989, au terme de 60 ans de fonctionnement, le Collège Arménien de Sèvres ferme ses portes. En 1991, l’association des parents d’élèves du Collège, mis alors en sommeil, est réactivée. Elle ajoute alors à son objet statutaire « contribuer à la propagation des cultures arménienne et française » et organise dans les locaux du Collège une école bihebdomadaire qui enseignera la langue et la culture arménienne aux enfants de Paris et des localités environnantes.  Cette activité a pris fin en septembre 2017 par décision préfectorale, les locaux ne répondant plus aux normes de sécurité.

En septembre-octobre 2019, l’Association du Collège Arménien, propriétaire des lieux, change de gouvernance, et se donne pour président Patrick Devedjian, président du Conseil départementale des Hauts-de-Seine, ancien ministre et ancien élève du Collège. Après son décès en mars 2021, son fils Thomas Devedjian prendra sa succession à la tête de l’association. (voir l’onglet « Qui sommes-nous ? » § Gouvernance)

Au cours des années 2020-2021, l’Association élabore alors un nouveau projet dans lequel le site du Collège abritera un centre de recherche sur les Génocides, une école bihebdomadaire qui pourra se prolonger par un collège-lycée de plein exercice, un espace polyvalent consacré aux manifestations culturelles et festives, ainsi qu’une résidence (Voir l’onglet « Notre Projet ».

 

 Patrick Devedjian, lors d’un de ses voyages en Arménie, en mai 2010, dans le Tavush.